Voyages dans l'imaginaire...

Découvrez deux histoires en images entre imaginaire et réalité, rêve et cauchemar... Deux histoires racontées en images fixes (en peinture, dessin, images numériques, collages...) puis que j'ai adapté en deux films regorgeant de références cinématographiques... Des histoires en images à découvrir dans les deux versions !
Rêverie raconte l'histoire d'une jeune femme juive pendant l'Occupation qui se réfugie dans un univers de rêve... qui deviendra cauchemar. Démesure raconte le voyage d'un homme où tout est proportionné à ses démesures, dans un univers où, donc, il ne peut trouver sa place...
Ces deux histoires ont été créées entre 2003 et 2004, et présentées à l'épreuve d'Arts Plastiques du Bac de 2004. Depuis je me suis amélioré techniquement, j'ai canalisé mon imaginaire, mais ces deux histoires restent en moi, gravées.
Rêverie, histoire racontée en peinture, dessins, collages, images numériques... puis en film ! Démesure, histoire psychédélique racontée en images numériques puis en film
Lundi 9 novembre 2009
Couverture du mémoire de master 2 Cet article a été écrit pour mon mémoire de Master d'Etudes Cinématographiques et Audiovisuelles à l'Université Lumière Lyon-2, Survivances de Philip K. Dick, Le cinéma d'un imaginaire baroque, consacré aux adaptations des oeuvres de cet écrivain de science-fiction (Blade Runner, Minority Report...).

Passé virtuel (The Thirteenth Floor de Josef Rusnak, 1999) est l'adaptation du roman Simulacron 3 de Daniel F. Galouye (1964). Nous ne savons pas si Philip K. Dick avait lu ou non ce roman, mais les univers virtuels emboîtés qui y sont présents évoquent bien entendu l’œuvre de notre écrivain. Peu importe ici le lien entre les deux œuvres, et la part respective de l’un et de l’autre dans son « héritage » cinématographique plus ou moins officiel (car il y a, en plus des adaptations, des films "dickiens" comme Dark City, eXistenZ, The Truman Show...). Force et de constater que l’adaptation de Simulacron 3 est sous l’influence, pour ne pas dire le poids écrasant, de Blade Runner, comme en témoigne les motifs des murs de l’appartement du héros, identiques à ceux de celui de Deckard… qui étaient tirés d’une bâtiment dessiné par Franck Lloyd Wright. Passé virtuel semble une analyse de Blade Runner, au sens de décomposition des éléments qui entrent en jeu dans la synthèse, la solution qu’est le film de Ridley Scott.

Analyse/synthèse de Blade Runner

Ainsi, Blade Runner dépeint une ville du futur dont l’univers visuel et de nombreux personnages, l’imagerie toute entière, est en partie la transposition dans le futur des films noirs des années quarante et cinquante, et de films de cette même époque comme Casablanca selon l’avis de Michel Chion. Or, qu’ont fait les auteurs de Passé virtuel lors de leur adaptation de Simulacron 3 ? Ils ont distingués temporellement et donc visuellement les deux mondes virtuels, qui étaient dans le roman « contemporains » du monde réel.
En effet, dans le roman de Galouye, les trois mondes étaient futuristes, tandis que dans le film, seul le monde présenté comme réel l’est. Le monde virtuel que les êtres humains « réels » ont créé semble contemporain de la sortie du film, 1999, mais avec une esthétique proche de celle des années quatre-vingt, telle qu’on peut la voir dans un film tel que Tron (Steven Lisberger, 1982), ou de ceux réalisés à cette époque par James Cameron (couleurs saturées et obscurité, Passé virtuel, d'après Simulacron 3 technologie aux formes « carrées », lasers colorés) et de Ridley Scott (clair-obscur marqué, grand usage de la fumée…).  Même, et surtout, les brushing sont d’époque. En bref, toute l’esthétique des films de science-fiction et de ceux dits « néo-noirs ». Enfin, le monde créé par les personnages de ce monde virtuel prend la forme d’une grande ville américaine de 1937. Or, à quelques années près, c’est l’univers des films noirs qui est reconstitué. Superposons mentalement les trois époques, les trois univers visuels, et c’est, schématiquement, Blade Runner que nous obtenons : un film de science-fiction des années quatre-vingt inspiré des films noirs, ce qui l’inscrivait dans le courant « néo-noir » de son époque. Le film de Josef Rusnak est en effet une tentative de recréation de ce mélange magique qui s'opère dans le film de Ridley Scott : film noir rétro/thèmes et décors futuristes.

Mise en abyme du cinéma comme représentation de la virtualité

Le choix opéré par les auteurs du film de situer l'un des mondes virtuels à la fin des années trente (1937) ne peut que nous évoquer Ubik, chef-d'oeuvre de Philip K. Dick publié en 1969 où les héros sont plongés dans un simulacre du monde où le temps régresse jusqu'en 1939. Pourquoi ce choix? Cet article est bien trop court pour y répondre, mais nous pouvons noter que cela permet aux auteurs du film
  • de distinguer les trois mondes, comme nous l'avons vu, afin de faciliter la compréhension du spectateur;
  • de faire référence au roman de Dick, le film s'affiche comme "héritier" de l'oeuvre de l'écrivain;
  • de donner au film cette esthétique néo-noir que nous avons évoqué. Nous pouvons noter que le roman de Dick Ubik, bien que situé dans un faux 1939, ne présente pas d'influence du roman noir au du film noir, à la différence de beaucoup des nouvelles de Philip K. Dick;
  • enfin, cela permet au film de jouer avec les codes cinématographiques, créant un phénomène de mise en abyme qui leur permet de représenter l'idée de virtualité du monde.
Passé virtuel, d'après Simulacron 3 En effet, lorsqu’on lui demande si ce monde virtuel de 1937 est réaliste, le héros répond qu’à l’exception des couleurs, tout paraît aussi réel que celui qu’il croit être le monde réel (et pour cause, il ne l’est pas non plus !). Ainsi, la teinte sépia de ce monde des années trente est diégétisée, elle ne fait pas partie de l’énonciation du film, perceptible seulement par les spectateurs, mais existe réellement dans l’univers des personnages, teinte décidée par ceux qui ont créé ce monde virtuel. Il y a ainsi dans ce film un discours sur la représentation cinématographique elle-même, mettant le doigt sur une convention commune depuis Le Parrain, 2ème partie (Francis Ford Coppola, 1974). Il nous semble évident que l’univers visuel « années quatre-vingt » de l’autre monde virtuel s’inscrit dans un même discours, qui peut conduire le spectateur, dès le début du film, soit à en déduire la révélation finale (ce monde n’est pas réel, il y en a un autre « au-dessus »), soit à sourire narquoisement à ce film où tout paré daté. Daté et figé dans ses formes conventionnelles, dans la représentation cinématographique qu’elle met en abyme.

Croire et ne pas croire en l'image

Croire et ne pas croire, simultanément : si tel est l’effet à atteindre, alors il est le fruit d’un savant équilibre, sur le fil du rasoir de la représentation elle-même. Passé virtuel, selon notre avis personnel, s’en sort plutôt bien, mais l’effet produit est tout de même légèrement négatif : l’imagination des auteurs ne semble pas aller plus loin que ces schémas qu’ils mettent en scène, ils ne parviennent pas à ouvrir la représentation. La séquence finale nous en semble la preuve édifiante : la technologie est tout aussi « carrée » que dans le monde virtuel daté de 1999, mais en beaucoup plus petit. Ce monde réel futuriste est doré et étincelant, tout en métal chromé comme dans les rêves utopiques du début du XXème siècle. Même l’architecture des building nous renvoie à cette époque : celle des arabesques de l’Art Nouveau. À moins que ce monde soit aussi peu réel que les autres, ce qui expliquerait son aspect visuel « déjà-vu », mot clef du film (dit en français). En effet, comment la conscience d’un être virtuel pourrait-il prendre le corps réel d’un homme ? En même temps, se charger dans un monde virtuel, avoir sa conscience réel dans un corps virtuel semble poser le même problème… Match nul, et le film demeure là, dans cet entre-deux où la limite est ténue entre la fascination et le désintérêt.
Par Jérémy Zucchi - Publié dans : Philip K. Dick et le cinéma - Communauté : Simulacres de Philip K. Dick
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Mercredi 4 novembre 2009
Aujourd'hui, je veux vous montrer cette couverture de l'ouvrage de Joël July, Les Mots de Barbara (Presses Universitaires de Provence, 2004), analyse de l'oeuvre poétique de la grande chanteuse Barbara, dont j'ai réalisé le dessin de couverture. J'étais alors en classe de Terminale Littéraire, je venais de participer au Concours Général des Lycées (j'ignorais que j'obtiendrais le premier prix en Arts Plastiques). L'épouse de l'auteur de cette étude était ma professeure de français l'année précédente, je la salue très chaleureusement car son travail fut merveilleux (car c'était et c'est sa vie, sa passion). Elle vint me demander de dessiner la couverture de cet ouvrage écrit par son mari, que je n'ai jamais rencontré. J'ai été très flatté de cette proposition, moi qui n'avait fait que des dessins pour des amis. D'ailleurs, je lui en avais donné un, un dessin d'Isabelle Huppert dans Madame Bovary de Chabrol que j'avais fait pour moi mais qu'elle m'avait soutiré en invoquant son adoration pour cette actrice... Et puis mince ! je le lui ai donné avec plaisir.

Un dessin de moi dans les rayons de la Fnac ! :-)

J'étais fier de dessiner cette couverture, et encore plus lorsque j'ai reçu mon exemplaire avec écrit au dos : "Dessin Jérémy Zucchi, lauréat du coucours général d'arts plastiques 2004"... Et quel fut mon bonheur de voir ce livre dans l'un des rayons de la Fnac de Lyon, de voir ce dessin reproduit là ! J'étais comme un gosse, avec les chevilles explosées aux quatre coins des murs...
Voilà pour la petite histoire. Je regrette toutefois de n'avoir pas profité de cette occasion pour faire preuve de plus de créativité, car ce n'est là que la reproduction fidèle d'une photo de Jean-Louis Dumont. Mais faute de confiance suffisante en moi je n'ai pas osé m'éloigner de ce modèle.

Couverture des Mots de Barbara de Joël July, consacré à l'oeuvre de la chanteuse Barbara chantait ses poèmes

A tous les amoureux de l'oeuvre de Barbara, je ne peux que conseiller cet ouvrage, dont voici le texte de quatrième de couverture :
"La chanteuse Barbara (1930-1997) est-elle poète? Comme elle s'en défendit obstinément, sur quels critères pouvons-nous lui accorder son  brevet de poésie? La richesse de ses œuvres, comme Nantes (1963) et Au
bois de Saint-Amand (1964), pourrait en offrir la garantie. Mais leur analyse minutieuse prouve davantage une profonde unité de son écriture : mise en valeur des symboles, recherche d'une oralité expressive, sélection  du lexique, création de mots, insertion du discours direct et de dialogues, goût des effets de surprise et du mystère... Ce qui va faire la renommée de Barbara, à l'instar de Colette, c'est la valeur autobiographique de ses poèmes, l'implication personnelle qui se dégage de chacun d'eux. Toute sa poésie rend compte de cette élaboration de son image à travers une topique obsédante, reflet de son univers intime et des traumatismes de son enfance. Alors les mots de Barbara, lestés de tous ces poids et allégés par les notes de musique, formeront bien ce que l'on a coutume d'appeler une parole poétique."


Joël July, Les Mots de Barbara, Editions Presses Universitaires de Provence, Collection "Textuelles poésie", 2004, 26 €

Par Jérémy Zucchi - Publié dans : Dessins - Communauté : Dessin, peinture, pastel...
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Lundi 2 novembre 2009
Décidément, c'est à croire que depuis que je n'ai plus de chez-moi et que j'ai arrêté mes études (voir un billet précédent), je suis plus créatif qu'avant ! C'est ma manière à moi de ne pas déprimer. Cette fois-ci, voilà l'affiche réalisée pour le beau documentaire de ma très chère amie Emilie Souillot, Histoire (s) de Jazz - Le Hot Club de Lyon (52 minutes, 2009), consacré au plus vieux club de jazz Lyonnais. Cette affiche a été réalisée sur Photoshop avec des images du film et l'aide précieuse d'une tablette graphique, prolongement presque parfait de la main. Rendre le trompettiste en fumée fut très difficile, cela a nécessité l'application de multiples effets et photos de fumée.
Affiche du documentaire Histoire (s) de Jazz - Le Hot Club de Lyon d'Emilie Souillot Ce film a été réalisé dans le cadre de la seconde année de Master d'études cinématographiques et audiovisuelles à l'Université Lumière Lyon-2. J'ai contribuer à ce film en aidant Emilie à finaliser le montage, l'incitant à réinjecter dans le film ce que je nomme de la "chair", c'est-à-dire des petits riens qui apportent de l'atmosphère au film, des images du registre unique de la sensation, afin de représenter ce qu'est le jazz. J'ai ensuite réalisé l'étalonnage et le mixage du film.
Pour terminer, la meilleure manière de vous donner envie de voir ce film, c'est de vous citer le texte qui sera au dos de la jaquette du DVD :

C'est une histoire d'amour, c'est une histoire de jazz, racontée, jouée, belle et vivante.
"Et puis on avait les oreilles qui sifflaient aussi en sortant, parce qu'on arrive dans le silence de la nuit, dans la rue. Plus de bruit. Alors qu'on avait entendu... alors les oreilles sifflaient pendant un certain temps. C'est comme, après l'amour, on dit il y a des moments agréables et là aussi c'était après le jazz il y avait cette espèce d'ouate, de coton dans lequel on était qui prolongeait un petit peu l'ambiance..." (passage du film dit par Philippe Lacroix).
Le Hot Club de Lyon, c'est toute une histoire. 60 ans d'existence pour ce club de jazz mythique qui a traversé l'âge d'or du jazz. Je suis allée à la rencontre de quelques-uns qui ont fait partie de cette aventure et qui en font encore partie. Des souvenirs ressurgissent, des rencontres, des éclats de rire, des interrogations... et puis du jazz. Ne vous attendez pas à un documentaire historique, profitons simplement ensemble des moments de jazz conviviaux et uniques.


Réalisation : Emilie Souillot
Images : Sébastien Guignard et Emilie Souillot
Son : Simon Dufour
Montage : Emilie Souillot
Post-Production et jaquette DVD : Jérémy Zucchi

Ecran 16/9ème - Son stéréo - Durée 52 min - Couleur - 2009
Par Jérémy Zucchi - Publié dans : Graphisme et sites web
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Lundi 2 novembre 2009
Enfin ! Voilà ce que j'ai pensé tandis que j'appliquais délicatement l'encre de Chine sur le papier, pour la première fois de ma vie. Curieusement, je ne sais pas pourquoi, je n'avais jamais essayé auparavant. Tant mieux, je pense. Car je crois que c'est seulement aujourd'hui que je suis prêt pour cette technique qui nécessite une connaissance complète du dessin et une maîtrise sans faille du pinceau (je n'ai pas essayé à la plume). Je suis loin encore de ces deux conditions, mais j'y travaille, j'y travaille...
C'est difficile pour moi d'écrire mon enthousiasme pour cette technique qui me faisait rêver, en tant qu'adorateur de ces dessinateurs de BD qui l'utilisent comme une seconde main. L'achat même de l'encre, des pinceaux et du papier fut un pur plaisir, car j'avais hâte d'essayer... Cela faisait longtemps que je n'avais pas été aussi excité, comme un gamin la veille de Noël. Le soir même, sitôt rentré du travail, j'ai essayé pour la première fois avec appréhension... Voila trois des rapides dessins que j'ai fait, sur du papier assez fin 17 x 22 cm (seul le deuxième a été inspiré par une photo).
Homme, encre de Chine sur papier, 17 x 22 cm, 2009.
Femme, encre de Chine sur papier, 17 x 22 cm, 2009.
Homme, encre de Chine sur papier, 17 x 22 cm, 2009.
J'aime beaucoup ce dernier dessin. Et vous ?
Par Jérémy Zucchi - Publié dans : Dessins - Communauté : Dessin, peinture, pastel...
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Lundi 2 novembre 2009
Je m'ennuyais terriblement, je n'avais pas de quoi dessiner, un peu comme quand j'étais enfant et que j'avais épuisé toutes des réserves d'histoires à faire jouer par mes Playmobils... Alors je me suis rappelé que cela faisait longtemps que je n'avais pas fait du collage, du vrai collage avec des ciseaux et de la colle, et non Photoshop. Alors, sans plus attendre, voilà ce que cela a donné (je vous laisse le soin d'y donner un sens... ou non !) :
A vendre, collage sur papier, 22 x 24 cm, 2009
A vendre, collage sur papier et encre de Chine, 22 x 24 cm, 2009
Par Jérémy Zucchi - Publié dans : Collages - Communauté : Dessin, peinture, pastel...
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Je tente dans ces peintures de créer du hasard, des accidents que j'utilise ensuite, que je retravaille pour leur donner la forme de l'image que j'ai en tête. J'aime faire gicler la peinture, faire des taches, pour créer un chaos d'où émergera la figure dessinée. Ce que je tente de faire, c'est rendre apparente la forme qui jaillit de l'informe, comme un étincelle dans l'obscurité. Lire l'article

Profil

  • : Jérémy Zucchi
  • jeremy-zucchi
  • : Homme
  • : cinéma peinture dessin littérature graphisme
  • : Diplômé de Master de cinéma. A l'origine, je faisais surtout du dessin et de la peinture, puis j'ai découvert mes deux autres passions: le cinéma et le graphisme (je fais des court-métrages et des sites web).

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